Spéléologie à la Pierre Saint Martin : voyage dans les entrailles de La Verna

Le 5 septembre 2012 | par Nancy Ladde (texte) et Thierry Suire (photos)

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Le réseau de la Pierre Saint Martin présente près de 2 000 gouffres, 380 kilomètres de réseaux souterrains et pas moins de 13 rivières souterraines. Plongée à La Verna, une salle dont la formation remonte à 200 000 ans.

Partir pour La Verna, c’est se lancer dans l’inconnu. Aller sonder les entrailles de la terre pour voir ce qui se joue dans ce monde chargé de mystère. Equipés de chaussures de randonnée cernées de crampons, vêtue d’une combinaison étanche et d’un casque avec lampe frontale, sans oublier le harnais d’escalade, le groupe peut s’élancer dans l’aventure. Tout commence devant une double porte accrochée aux parois de la montagne. Derrière, un bruit. Un souffle, comme la première musique des profondeurs. Puis voilà la porte qui s’ouvre. Et un tunnel éclairé mais sans fin s’offre à l’équipe aux airs de Martiens. Premiers pas vers la Verna, premières sensations de froid. Eté comme hiver, il fait six degrés dans cette cavité. Qu’importe !

Tout le monde est impatient de se lancer dans l’aventure souterraine. Les quelques 700 mètres qui séparent encore le public d’une des plus grandes salles souterraines au monde sont donc franchis d’un pas enthousiaste et impatient.

Dernière porte. Elle s’ouvre sur la Verna plongée dans la nuit. Sur la plateforme, le guide prend les commandes de la lumière pour révéler au coup par coup cet endroit d’exception. Loin du goulet boueux et étroit, le gouffre présente une grandeur hors norme avec ses 245 mètres de diamètres et 194 mètres de hauteur. Les dimensions sont tellement démesurées qu’on peine à croire qu’au-dessus de nos têtes reposent près de 800 mètres de roche.

A l’œil nu du novice, le parcours baptisé « aventure » se transforme en véritable épopée. Appréhension et excitation dominent.

Le jeu des lumières fait bientôt apparaître à gauche une petite cascade. A la fonte des neiges celle-ci deviendra majestueuse. En levant la tête, on aperçoit un trou d’où s’échappe une fine pluie muette. Le fond de la salle paraît être à des kilomètres. Il faudra pourtant l’atteindre pour rejoindre par la suite celle répondant au nom de Aranzadi, et perchée à 80 mètres de hauteur. A l’œil nu du novice, le parcours baptisé « aventure » se transforme en véritable épopée. Appréhension et excitation dominent.

La descente commence. Il faut y aller doucement car le sol humide est glissant. Observer et bien s’appuyer sur son pied avant d’avancer sont les deux premières règles à respecter. Arrivés en bas, une récompense attend : une petite étendue d’eau limpide et paisible. Nature, calme et tranquillité… Petit moment d’apaisement avant la tempête. Il va falloir attaquer l’escalade. La partie la plus sportive du parcours n’est pas à la portée de tout le monde. Et comme dehors, le temps est à la pluie, il faut aussi combiner avec un ruissellement continu sur la paroi.

Assuré par les systèmes de sécurité, il faut s’élancer et trouver des endroits où caler solidement ses pieds

Dans ce monde souterrain, la précipitation n’est pas de mise. « On y va tranquillement, ce n’est pas la course », insiste le guide. Assuré par les systèmes de sécurité, il faut s’élancer et trouver des endroits où caler solidement ses pieds. Finalement, il suffit se hisser un peu comme sur un escalier. De corde en corde, l’ascension progresse et la salle baptisée Aranzadi se rapproche. Un dernier effort et l’équipe arrive au sommet. Fière d’avoir atteint son but et s’être ainsi dépassée.

Comme la grande salle, Aranzadi se livre par bribe. Offrant aux regards émerveillés ses stalactites en forme de corail puis ses énormes blocs lisses et chahutés qui semblent avoir été posés là au hasard. Ils remontent en fait à 200 000 ans ! Quand ici même un important courant avait fait son lit. Les blocs lisses aux formes parfaites sont composés d’argile et prouvent qu’à ce niveau le courant était tranquille. Chacune des stries régulières équivaut à une année. Au-dessus, le tableau s’affiche plus violent. Ce sont les galets roulés, les mêmes, qu’on peut trouver aujourd’hui dans le Gave de Pau. « La spéléologie c’est la pédagogie de la découverte », dira le guide. Et à mesure que l’on progresse, l’envie d’en savoir plus grandit. Retour au point de départ, où l’ouverture de cette salle en hauteur se découpe dans la lumière. Et le tableau devient extraordinaire. L’équipe repart vers la descente.

Après l’escalade, place au rappel. Bien assis dans le harnais, les jambes à l’horizontale, on descend les 80 mètres gravis au début du périple. Mais le parcours n’est toutefois pas à sa fin. Il convient encore à l’équipe de se diriger au plus profond de la Verna, sur ce qu’on appelle la «plage de galets ». Ici, les spots remplissent les fonctions solaires. Les trois découvreurs de ce site exceptionnel y ont laissé leurs initiales. Nous voilà au même endroit, près de 60 ans plus tard. Ainsi s’écrit l’histoire !

L’épopée s’achèvera autour de la rivière souterraine qui nourrit une centrale hydroélectrique, avant un retour progressif à la civilisation. Et chevillée au corps, l’envie de découvrir bien d’autres richesses de ce monde englouti où l’on se sent si petit.

Informations pratiques

La Verna accueille les touristes, les groupes et les scolaires toute l’année sur réservation. Il existe plusieurs formules de visite : découverte (une heure à partir de 5 ans. Tarifs : 8,5 € pour les adultes, 5,5 pour les enfants), exploration (deux heures à partir de 10 ans. Tarifs : 18 € et 16 pour les moins de 10 ans) ou aventure (trois, cinq ou huit heures à partir de 12 ans avec huit personnes maximum. Tarifs : entre 37 et 60 euros selon la durée).

 Pour les visites, il est indispensable de se munir de chaussures fermées (randonnée) et d’un vêtement polaire.

 Pour se rendre sur le site, on peut emprunter un chemin pédestre (2 h 30) qui passe par le GR10 et le ravin d’Arphidia. La prise en charge débute au tunnel d’accès à la Verna. Autrement, le rendez-vous est fixé à Sainte-Engrâce, où l’acheminement s’effectue par navette.

 L’accueil est ouvert tous les jours de mi-avril à mi-novembre. Possibilité de réserver toute l’année au  06 37 88 29 05 ou au 09 75 17 75 66.  www.laverna.fr

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